nous sommes le 11/03/2010 et il est
                      
Ils faisaient rire nos parents...












Né le 8 mai 1903 au 73 Boulevard Chave à Marseille, il est le fils de Monsieur et Madame Constandin qui lui attribuent les prénoms de Fernand, Joseph et Désiré. Son père Denis, comptable, mais aussi comédien-chanteur amateur sous le pseudonyme de Sined et sa mère, comédienne amateur également, décèlent rapidement le talent du jeune Fernand. Celui-ci suit souvent son père lors des concert qu'il organise dans la banlieue marseillaise en montant sur les planches. C'est à l'occasion d'un concours pour petits chanteurs amateurs qu'il remporte le premier prix des enfants prodiges au théâtre du Châtelet de Marseille. Fernandel a deux frères : Auguste Marcel Sined, son ainé de 6 ans (avec lequel il sera un temps Fernand Sined), et Francis Fransined (plus jeune que lui de 11 ans) ainsi qu'une sœur. A sa sortie de l'école, le père de Fernand le place à la Banque Nationale du Crédit de laquelle il ne tarde pas de se faire congédier.

Il enchaîne ensuite les petits boulots alimentaires, portant des sacs de sucre dans le ports de Marseille (il tient une semaine), travaillant dans une maison de tissus et dans de nombreuses banques, mais sa passion du Tour de Chant et son caractère volage ne lui permettent pas de s'établir une situation stable. En parallèle, il monte sur scène comme chanteur, comique troupier dans les cafés-concerts, où il surprend par son profil chevalin. Andrex, comédien et ami de l'acteur, raconte à son propos : « Fernandel, qui n'était alors que Fernand, fit ses débuts sur scène à cinq ans en chantant le répertoire militaire avec son frère aîné, Marcel. Il connut son premier grand succès à sept ans, un jour où, paralysé par le trac, il fut propulsé sur la scène par son père, d'un grand coup de pied au derrière ; il s'empêtra dans son sabre et s'étala de tout son long sous une tempête de rires. Par la suite, il n'eut plus jamais peur d'affronter le public. »

Le 4 avril 1925, à 22 ans, il épouse Henriette Manse, la sœur d'un inséparable copain. Ils auront trois enfants, Josette en 1926, Janine en 1930 et Franck en 1935. C'est à la mère d'Henriette que fût attribué l'origine du pseudonyme de Fernadelle, celle-ci, voyant le jeune Fernand si empressé auprès de sa fille dit en rigolant : « Fernand d'Elle... », phrase qui fit immédiatement mouche et fût adopté par le comédien pour en faire son nom de scène. Il effectue son service militaire un mois après son mariage. Affecté au 93em régiment d'artillerie de montagne de Grenoble, il devait être libéré le 12 mai 1926, mais un capitaine lui accorda une permission libérale le 29 avril.

Le 7 décembre 1928 il monte sur Paris et se produit au Bobino, devant le succès de cette prestation il signe dès le lendemain un contrat de dix-neuf semaines pour le Circuit des cinémas Pathé de Paris. Malgré la mort de son père le 10 mars 1930, il poursuit sa carrière de comique à Paris. Installé dans un modeste hôtel de Ménilmontant, rue Pelleport, il débute à L'Elysée-Palace de Vichy. C'est là qu'Henri Varna, directeur du Casino de Paris et du Théâtre Mogador le vit et l'engagea pour la revue d'hiver du Concert Mayol, revue déshabillée à succès de l'époque où se réunissait le Tout-Paris. Fernandel et Parisys y tenaient trois sketchs intercalés entre les tours de danse. C'est alors qu'il se trouve dans la salle que le réalisateur Marc Allégret est frappé par le physique et la personnalité de Frenandel, il décide alors de lui offrir le rôle d'un groom dans son film : Le Blanc et le Noir. 1930 marque donc le début de la cinématographique de Fernandel.